Sans qu’on y prenne garde, l’Afrique a progressé à toute allure depuis le début des années 2000. Avec une croissance moyenne de près de 5% depuis le début de la décennie et une bonne résistance à la récession mondiale, l’Afrique change de cap. Or, tandis que la métamorphose en cours, par son ampleur et sa vigueur, devrait nous inviter à « scruter la route plusieurs kilomètres en avant, nous regardons le bolide africain s’élancer à toute allure… à travers un rétroviseur. Le décalage est saisissant entre le regard que nous portons sur l’Afrique, resté comme figée au siècle dernier, et ses réalités contemporaines ».

Voyons cela d’un peu plus près ; car si la croissance est maintenant durablement au rendez-vous, d’autres fondamentaux témoignent de ces vertueux changements.

Entre les ajustements structurels des années 90 d’un coté et les annulations de dettes de l’autre, l’endettement ne représente plus aujourd’hui un handicap au développement. La dette publique des pays d’Afrique sub-saharienne est passée de 60% du PIB en 2003 à 29% en 2009 selon le FMI. Du jamais vu alors qu’en Europe et aux USA ce chiffre est supérieur à 80%.

Avec une démographie qui vient juste de passer le cap du milliard d’habitants, le continent reste faiblement peuplé et la perspective exceptionnelle d’un quasi doublement de ce chiffre d’ici 2050, loin de toute fatalité de surpopulation, va, au contraire, doter le continent d’un formidable atout de développement en termes de ressource en main d’œuvre et de consommation.

Certes l’Afrique ne représente encore que 2% des échanges mondiaux mais une croissance de 30% des demandes d’exportation l’insère de plus en plus rapidement dans les échanges internationaux. Avec un PIB de l’ordre de 1000 milliards de dollars et des flux d’épargne de la diaspora qui en représente 5%, soit plus que l’aide au développement, des places financières qui se modernisent, une inflation maîtrisée dans la plupart des pays du continent, une croissance spectaculaire des réserves de change, des devises locales qui s’apprécient de plus en plus, les états disposent de marges de manœuvre sans précédent pour insuffler des politiques budgétaires dynamiques et rassurer les places financières qui du reste témoignent elles aussi de plus en plus d’intérêt pour le continent.

Autant de changements qui, s’ajoutant aux formidables réserves en matières premières et aux extraordinaires perspectives agricoles du continent dont le potentiel est largement sous-exploité, rappellent étrangement ce qui s’observait en Asie à la veille du décollage.

Tout n’est pas gagné pour autant. La paix ne prévaut pas encore partout loin s’en faut, l’éducation, la sécurité, les conditions sanitaires, les infrastructures laissent encore bien souvent à désirer mais de nombreux gouvernements rendent des comptes et la démocratie progresse. L’Afrique est de mieux en mieux gérée. Ce que semble aussi admettre dans ses conclusions le rapport Doing Business 2010 de la Banque Mondiale lorsqu’il relève que l’an passé 25% des réformes recensées dans le monde, ayant pour but de faciliter les échanges commerciaux, ont été mises en place en Afrique. Les plus grandes compagnies aériennes et maritimes mondiales l’ont bien compris qui renforcent actuellement activement leur trafic vers l’Afrique.

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